Sujet du concours Athéna 2011
Cicéron a achevé son plaidoyer De Signis contre Verrès : il affirmera publiquement que ce propréteur est condamnable en tant que prédateur sans scrupules, mais il reconnaît en lui-même qu’il représente aussi l’exemple certes caricatural, mais bien réel, d’un Romain amateur d’art, passionné jusqu'à la folie par tout ce qui est grec. Car lui-même, Cicéron, originaire d’Arpinum, en pays latin profond, n’a-t-il pas lui aussi, quoique d’une tout autre façon, le regard et la pensée formés à l’école et à l’exemple des Grecs ?
Rempli de ces réflexions, il profite d’un passage à Agrigente pour rencontrer quelques amis latins et grecs venus de Syracuse et de Lilybée, et tout en marchant, il leur soumet quelques questions sur les Grecs.
Est-ce que leurs arts, leur science, leur littérature, leurs institutions justifient une telle fascination chez les Romains et les peuples de l’Italie, alors que tant de cités helléniques, surtout en Sicile, ont été le berceau et la proie des tyrannies les plus dures et des guerres les plus horribles, avant que Rome ne vienne imposer sa paix ! Où est donc le barbare ?
Ensemble, ils cherchent alors à discerner comment a évolué la vieille âme de Rome, que le rude Caton défendait jadis avec intransigeance : était-il possible ou concevable de la préserver ? L’apport hellénique, étranger, est-il un gain, un enrichissement, ou une perte d’identité ?
Barème :
- Prise en compte du contexte précis du sujet et qualité du dialogue : 5
- Connaissances utilisées à bon escient : 5
- Pertinence de l'argumentation : 5
- Qualité de l'expression : 5
Nota Bene du Président :
Chers collègues,
Le sujet de notre concours a pu cette année dérouter de nombreux élèves, plus dans sa formulation que par ses attentes.
Le thème de la colonisation est très riche, tant par les connaissances qu'il conduit à acquérir que par la réflexion qu'il implique nécessairement, à travers l'histoire et la littérature. Mais il est aussi complexe et, sous certains aspects, paradoxal. C'est tout cela que le long intitulé a voulu rappeler. Je ne doute pas qu'il ait stimulé l'esprit critique de nos élèves, en revanche je serais désolé qu'il ait pu en rebuter certains et je vous promets que l'an prochain il sera plus facilement abordable par tous.
Je vous prie de croire, chers collègues, à nos salutations confraternelles.
Roger Massé, Responsable du concours
27 janvier 2011
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